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le commerce équitable du coton
Voilà le paradoxe qu’il faudra expliquer : la Chine a importé du coton a un niveau record, alors même que sa production de coton était nettement excédentaire. Non seulement la Chine est le plus grand consommateur du coton au monde, mais elle concurrence également les Etats-Unis sur le plan de la production au premier rang mondial.

 Pendant la fin des dernières années 90, la Chine a été le plus grand importateur de coton des Etats-Unis (la moitié de ses importations, ce, qui représente environ un quart de toutes les exportations de coton des Etats-Unis. L'excédent de production du coton, a incité les fonctionnaires chinois à établir de nouvelles politiques visant à encourager le choix de la production intérieure. Ils se sont donnés les moyens d’une évaluation plus souple de la production intérieure du coton, ont offert des escomptes de 6 % et des baisses de 10 % sur le coton du Xinjiang; le gouvernement a été jusqu’à rembourser la T.V.A. sur les textiles exportés fabriqués à partir du coton du Xinjiang. Habituellement, le coton était acheté principalement auprès du gouvernement, alors que des filatures d’économie mixte, étaient autorisées à acheter du coton importé à condition qu’il serve à la création de textiles réexportés. Voilà la raison qui explique la majeure partie des importations chinoises, sans compter les dérives qui se sont produites : le coton importé aurait passé pour production intérieure dans les moulins d'état, ou passé pour produit intérieur pour aller à l'exportation. En même temps que ce cadeau offert aux producteurs intérieurs, les fonctionnaires chinois ont appliqué un bâton aux fournisseurs étrangers. Dès 1998, le coton d’importation a été imposé, moins s’il était réexporté. En avril 1998, le gouvernement chinois offrait, sur son stock de surplus, 1,5 millions de balles devaient être réexportés sous forme de textiles, pour la fin de l’année. La Chine a pu ainsi exporter 500.000 balles de coton au cours de cette campagne. La production et la distribution du coton en Chine sont contrôlées entièrement par le gouvernement. Il fut décidé à partir de 1998, que les filateurs paieraient de 0,90 à 1,04 $ la livre, alors que le prix moyen mondial du coton était de 0,68 $. Le résultat fut que acheteurs chinois achetèrent beaucoup moins de coton dans le premier temps de la campagne 1998. Le prix escompté était concurrentiel avec le prix des Etats Unis à ce moment là, mais ensuite les prix mondiaux ont tendu vers le bas, tandis que les prix du prix du coton de Xinjiang restait inchangé; le coton des Etats Unis devenait plus attrayant que jamais pour les Chinois. 778.000 balles furent achetés par les moulins chinois, et le demande resta substantielle par la suite. Source : Yin et Yang : Ajustements sur le marché chinois de coton, par Carol Skelly

"Le gouvernement chinois publie par habitude des quotes-parts pour l'importation de jusqu'à trois millions de balles en dessous de ses engagements face à l'organisation mondiale du commerce (OMC), "dit Townsend. "Les transformateurs chinois doivent obtenir un permis d'importation du coton. "

La Chine a libéré ces quotes-parts au début de 2003, mais n'a publié les permis que début septembre, lorsqu’il est devenu plus qu’évident que la récolte serait beaucoup plus faible que prévue."

La conséquence fut une situation de panique à l’achat. La capacité des entreprises textiles chinoises à évaluer leurs besoins en fibres, au jour le jour a été limitée par cette décision de retenir les autorisations.

Les prix, à la bourse de New York, ont augmenté rapidement de 20 cents. Pendant une semaine, les ventes de coton à la Chine, ont dépassé le million de balles.

La Chine a déstabilisé le marché en essayant de commander la synchronisation des achats et des ventes du coton. Elle a mal jugé sa production végétale, et s’est trompée sur ses restrictions ; elle a finalement acheté son coton au prix le plus élevé du marché. "Les achats de panique soulagés, les prix sont retombés, bien qu'ils soient toujours beaucoup plus hauts que ceux de l'année dernière. En décembre 2003, la Chine avait engrangé une partie de sa récolte, qui devait être de 23 millions de balles, alors qu’elle était estimée à 27 ou 28 millions de balles à l'origine, ce qui est une quantité considérable."Les filateurs chinois se portent bien, mais ils risquent de devoir importer plus de coton en avril. Une autre raison de la chute du prix à 80 cents est une légère augmentation prévue, des récoltes aux Etats-Unis, en Inde et au Pakistan."

Townsend ajoute que les prix élevés ne favorisent pas la consommation de coton. Le prix moyen du coton à la prochaine saison devrait se situer aux environs de 60 cents. Il ajoute qu'à ces prix beaucoup de pays pourront produire le coton avec profit, alors que des prix plus élevés affecteraient les filatures même dans les pays comme l'Indonésie et la Thaïlande, qui ont été les plus concurrentiels ces dernières années." "De nombreuses filatures autour du monde ont trouvé l'échelle de prix au niveau 80 cents trop haute. A un prix moindre, les filateurs en Asie et en Amérique latine ont pu acheter, mais à 80 cents, même les filatures les plus rentables, en Asie ne pourraient acheter. » Il est autour de74 actuellement, il devrait tendre vers le bas au cours des prochaines années. En dessous de 65 cents, la plantation sera encouragée au Brésil, en Afrique occidentale, en Turquie et en Inde. Sinon c’est la consommation qui sera ralentie.

Les "cultivateurs des ETATS-UNIS ont l'avantage du paiement anticyclique (subventionné), qui les aide quand les prix chutent

Récemment le gouvernement des Etats - Unis a publié des clauses de sauvegarde sur trois catégories de produits textiles, afin de limiter l'écoulement massif des importations en provenance de Chine. Les

sauvegardes, permises par l'OMC, concernent certains textiles comme le, tricot, les robes longues. D’abord, la Chine a menacé d’exercer des représailles, mais les discussions ne se sont pas éternisées, car elles retardaient les importations.

La Chine continuera à acheter le coton des Etats-Unis en raison de sa qualité, du service et du prix" indique Townsend. " La Chine a besoin de plus de 3 millions de balles et elle ne peut pas se passer du coton des Etats -Unis."


Les Etats Unis ont été la cible des critiques suite à l’augmentation des subventions ces dernières années aux producteurs de coton. "Non seulement les prix ont été très bas en raison de la récession due à la faible demande, mais la récolte dans le monde, s’est située à un niveau record."

"Les plaintes concernant le niveau bas des prix au cours de la saison 2001/2002 sont dues au fait que les Etats-Unis et l'Union Européenne ont été protégés contre ces prix et n'ont pas réduit leurs surfaces cultivées en 2002.

Townsend fait deux remarques au sujet des subventions.

La première est que le gouvernement des ETATS-UNIS admet que les subventions faussent le marché à long terme. «Les Etats-Unis ont formulé une proposition forte et responsable à l'OMC pour atteindre le but de supprimer les subventions au cours des prochaines années. Jusqu'ici aucun autre pays n'a fait une meilleure proposition.

La seconde est que les Etats-Unis sont le plus grand marché au détail pour le coton dans le monde, 22% de la consommation au détail. Les cultivateurs des Etats Unis soutiennent la promotion du coton par le coton incorporé, ce qui augmente la demande et bénéficie à d'autres pays qui eux ne font rien pour favoriser le coton. D'autres pays pourraient faire croître la consommation, ce qui s’avèrerait être un avantage pour tout le monde." Selon Townsend, si les subventions au coton étaient supprimées ou réduites, la production mondiale diminuait légèrement, mais les prix n'augmenteraient pas nécessairement. "la suppression des subventions doit être universelle et réciproque. Elle ne peut pas simplement concerner

Une OMC équitable

Donc le marché mondial du textile du coton, est soumis au départ aux manœuvres des géants que sont Chine et Etats-Unis en matière de coton, tous deux manipulant les prix à coups de subventions à l’exportation. Le résultat est que le consommateur français peut acheter des vêtements de coton, sans voir une réduction sensible des prix. Après la disparition quasi-totale de l’industrie textile en France, c’est l’économie des pays où elle s’était délocalisée, qui subit un séisme, dont les conséquences sociales peuvent nous inquiéter, même en Europe.

Un patron d’une entreprise Tunisienne, interviewé sur une chaîne française, exprimait ainsi son désarroi : « Comment résister à la concurrence quand un vêtement est proposé sur le marché, à un prix inférieur au prix de son poids en coton brut ? » Et qu’on ne vienne pas nous dire encore que le prix que nous payons le coût de la mondialisation, aura sa contrepartie dans une meilleure répartition des richesses avec les pays en voie de développement. Le consommateur français n’a droit à aucune transparence concernant les marges bénéficiaires que réalisent les importateurs soi-disant fabricants hexagonaux ou autres. Les prix continuent à monter tandis que les prix de revient baissent. Nous avons besoin de règles mondiales en matière de commerce équitable. Ces règles doivent être retenues par l’OMC. Le syndicalisme défendant les travailleurs, déjà pas très vaillant dans les pays occidentaux, est inexistant, écrasé dans l’œuf dans ces pays où le coût de la main d’œuvre est faible. Les fermiers des Etats-Unis font travailler 800 000 enfants dans leurs champs. La question du coton est en haut de l'agenda de l'OMC depuis 2002. Septembre 2002 : le Brésil porte plainte contre les subventions que les EtatsUnis octroient à la production du coton.. En septembre 2003 : le Burkina Faso, le Mali, le Tchad et le Bénin soumettent à l'OMC une initiative sur le coton. En juillet 2004 : l'OMC condamne les aides aux cotonniers américains. Recours et réfutations américains ont rendu la situation des producteurs de coton du Sud alarmante. Bien que compétitives, les filières ouest-africaines ne peuvent rivaliser sur un marché mondial où les cours, inférieurs aux coûts de production car largement influencés par les subventions, connaissent un effondrement catastrophique.

Pourtant, l'Afrique de l'Ouest et du Centre est aujourd'hui, avec près de 16 % du marché mondial, le cinquième exportateur, derrière les États-Unis, la Chine, l'Inde et l'Ouzbékistan. Le coton occupe une place centrale dans l'économie de cette région : il constitue le revenu principal de 20 millions de personnes et représente 60% des recettes à l’exportation. Outre sa qualité, la fibre d'origine africaine, telle qu'elle est cultivée, a un impact réduit sur l'environnement, en comparaison aux cultures intensives de la région de la mer d'Aral, de la Chine ou de la «cotton belt» américaine.

Le commerce équitable du coton devrait être une réponse logique de l’OMC , si elle répondait aux besoins de la population. Heureusement les entreprises européennes (Allemagne, Hollande, Suisse, Danemark) travaillant le coton bio ont initié une forme de commerce équitable, depuis le départ, en Turquie, en Egypte, en Inde, en Thaïlande, depuis le début. Ils ont été rejoints récemment par la société Max Havelaar qui s’est acquis un nom en rentrant dans les rayons des supermarchés et qui avec un coton non- OGM, réduisant l’utilisation des pesticides set des herbicides, pratiquant la rotation de cultures, la récolte à la main qui évite l’usage des produits défoliants. Le bénéfice de la population est déjà une meilleure intégration des femmes. La prime de commerce équitable nourrit les projets d’investissement tels que la construction d’un forage, d’une école, d’un centre de santé, d’une fabrique de savon. Le projet « coton équitable » a été initié par l'association Max Havelaar France et le Groupe Dagris, avec l'appui institutionnel et financier du Ministère des affaires étrangères français et du Centre pour le Développement de l'Entreprise, organisme paritaire de l'Union européenne et des pays Afrique-Caraïbe-Pacifique.

Voir aussi :
Le coton africain sinistré, Le Monde Diplomatique, septembre 2003 www.monde-diplomatique.fr

1. L’introduction des organismes végétaux génétiquement modifiés (OGM) est au centre de discussions de plus en plus vives. Les champions de la biotechnologie tels que Monsanto y voient une solution pour résoudre les problèmes de faim et d'utilisation excessive de pesticides. Les opposants aux biotechnologies affirment que les OGM ne sont pas nécessaires, qu’ils peuvent nuire à la santé des consommateurs, qu’ils appauvriront les petits fermiers et engraisseront les bénéfices des compagnies comme Monsanto, conduiront à augmenter l'utilisation de pesticides.


Afin d'évaluer l'impact économique du coton de OGM sur les fermiers et les consommateurs, des études ont été réalisées (Alston, Norton et Pardey 1995) On a cherché aussi à évaluer le partage des avantages entre les fermiers et les fabricants d’OGM ( Moschini et Lapan1997).

Les fermiers cultivant le maïs OGM herbicide, ont réduit leurs besoins en herbicide (acetimide). Le soja herbicide a eu une petite augmentation de rendement, a réduit l'utilisation d'autres herbicides et a augmenté l'utilisation du glyphosate (Roundup). Les rendements et les bénéfices des fermiers utilisant les graines de coton herbicide, ont augmenté (utilisation de pesticides réduite).

Les études sur l'impact financier pour le maïs OGM se contredisent. Quelques études ont montré que, les exploitants et les consommateurs de coton et de soja OGM, aux ETATS-UNIS ont obtenu des avantages et Monsanto et delta et Pineland ont également obtenu les avantages substantiels. Pour le soja, c’est Monsanto qui a drainé la plus grande partie des bénéfices.

En Chine, le gouvernement ne fournissant pas les données économiques, une enquête au niveau des fermes était nécessaire. Cette étude a été entreprise conjointement par le centre pour la politique agricole chinoise, le département d'agriculture de Pékin et l'université de Rutgers, avec l’appui de la Fondation Rockefeller. Les fermes d’état, utilisant les technologies OGM, ont eu les meilleurs bénéfices.

Les petits fermiers cultivent le reste du coton. Les fermiers les plus pauvres, utilisant des OGM, ont obtenu de plus grandes augmentations de leur revenu, que les plus grands fermiers.

Concernant l’environnement et la santé, différentes constatations s’imposent. Les fermiers ont réduit le nombre de pulvérisations, parfois de 30 à 3 fois moins, le plus souvent de 12 à 3. La quantité de pesticides utilisée pour le coton OGM, a été inférieure de 48 kgs par ha. Il est clair que cette réduction de l’aspersion des pesticides a pu avoir eu un impact positif sur la santé des fermiers