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Le nombre d'enfants travaillant en Chine n'est pas connu. Aucune organisation non gouvernementale chinoise (O.N.G.) n’est active dans le pays; les O.N.G. étrangères ne sont pas les bienvenues. Il n’est donc pas possible de corroborer ce qu’affirment les organismes internationaux du travail et des droits l'homme concernant le fait que les enfants travaillent dans les industries d'exportation. On ne peut pas vérifier non plus comment le gouvernement chinois impose les lois concernant le travail des enfants.
Bien que le problème du travail des enfants en Chine, ait été minoré, les observateurs ont remarqué, autour de Hong Kong, un taux élevé de renvoi de l'école en lien avec l'expansion rapide de l'investissement étranger en direction des entreprises tournées vers l’exportation. Un fonctionnaire du ministère chinois du travail, a admis que l'emploi des enfants était un problème "très sérieux".
En novembre 1991 "une circulaire" admettait que la situation concernant les travail des enfants était "très sérieuse", dans tout le pays ; qu’elle était devenue un phénomène généralisé. Dans des secteurs côtiers tels que Fujian et Guangdong, comme Zhejiang, Sichuan, et Hubei, quatre à cinq millions d'enfants de moins de 16 ans travaillaient. Des enfants de moins de 12 ans travaillent dans les secteurs de Whenzhou, de Guangdong et Hainan. La circulaire indiquait que les enfants travaillaient 10 à 14 heures par jour, et que leurs salaires étaient la moitié de ceux des ouvriers adultes. Dans la grande zone de Shenzhen, en Chine méridionale, les enfants âges de 10 à 16 ans, travaillent jusqu'à 14 heures par jour dans les usines.
Le journal « China Daily du 4 août 1988, rapportait que les filles travaillaient entre 13 à 14 heures par jour de 7 heures du matin à 22 heures, avec deux poses d’une heure, et que, après avoir payé logement, électricité, eau, et nourriture, il ne restait rien aux ouvriers aucun argent. « Les nouvelles de la jeunesse de Chine » affirment que 44 des 206 compagnies d'appartenance étrangère ou d’économie mixte, à Shenzhen, emploient des enfants au-dessous de l’âge de16 ans.
Un rapport récent de l'institut de travail libre Asiatique - Américain (AAFLI) a affirmé que l'emploi des mineurs concerne les usines de sous-traitance produisant pour l’exportation.
Les rapports indiquent que les enfants travaillent dans l’industrie du vêtement en Chine. Les importations de textiles chinois sur marché des Etats-Unis, ont atteint 4.5milliards de dollars, déjà en 1993. L’Agence France Presse a signalé que la société textile numéro un en Chine, Qingpu, près de Shanghaï, emploie des enfants âgés 12 à 15 ans, recrutés dans la province voisine. En 1988, la radio nationale de Pékin annonçait une exposition sur les conditions de travail, après que les journalistes aient trouvé des enfants âgés de 12 ans dormant à trois dans un même lit, dans des dortoirs , alors qu’ils travaillaient 15 heures par jour pour 10 $ par mois.
Le Bureau International du Travail reçut de nombreux témoignages concernant le travail des enfants dans l’industrie du jouet et des équipements sportifs. En 1992, les Etats-Unis ont en importé environ pour 3.9 milliards de dollars en provenance de Chine.
Un article de « La semaine des affaires » en 1988, signalait que, afin de satisfaire la demande jouets, les filles âgées de moins de 14 ans, dans une usine, ont dû augmenter les cadences de travail. Une campagne de boycott « Toycott" des jouets chinois, a eu de grandes répercussions aux Etats-Unis.
Les lois chinoises
A. Lois sur le travail des enfants
La loi du 6 juillet 1994 interdit l'emploi des enfants de moins de 16 ans.
Depuis 1993, une loi promulguée en 1987, interdit l'emploi des mineurs d'âge scolaire, qui n'ont pas fini le cursus obligatoire de 9 années d'éducation. L'application des lois est parfois rendue difficile par la falsification des cartes d'identité.
B. Lois sur l'éducation
L'organisation internationale du travail signale que l'éducation, en Chine est obligatoire jusqu'à l'âge
16 ans. Cependant, un rapport chinois indique que plus de 9% des enfants de 12 à 15 ans, sont renvoyés de
Leurs écoles secondaires, dans plusieurs provinces méridionales, tandis que la moyenne nationale est de
2.2 %. En 1987, ils auraient été au moins trois millions à quitter l'école avant l'âge légal.
C. Conventions Internationales
La Chine, pour ce qui concerne l'âge minimum d'admission à l'emploi dans l'industrie, n'a pas ratifié l’article numéro 138 de la convention de l'OIT des Nations Unies sur les droits de l'enfance.
IV. Programmes et efforts visant à améliorer la situation du travail des enfants
Selon le service de nouvelles de Xinhua, la gouvernement a mis en place 2.763 cours pour traiter les cas de délinquance juvénile et de violation des droits des enfants.
Après l’incendie de l'usine de jouets Zhili, des autorités chinoises ont contraint 100 usines de Guangdong à se déplacer et ils ont édicté des règles en matière de sécurité contre l’incendie.
Les Etats Unis
En 1998, le GAO, organisme officiel, a estimé à 300.000, le syndicat uni des fermiers (UFW) estime lui à 800.000, le nombre d’enfants ; travaillant dans les exploitations agricoles aux Etats-Unis. La plupart d’entre eux sont Latinos.
D’ailleurs 85 % des ouvriers migrateurs et saisonniers des fermes appartiennent à des minorités raciales. Un nombre croissant de jeunes immigrés âgés entre 14 et 17 ans, entrent aux Etats-Unis, venant du Mexique et d'Amérique Centrale, pour travailler dans les fermes. En 1997, un rapport a estimé à 55.000, ces enfants travailleurs, voyageant sans protection de leurs familles proches. Ces enfants Latinos, vivent en marge du système scolaire. Moitié d’entre eux n’auront jamais de diplôme agricole. Les enfants travaillant dans l'agriculture font face à des menaces sérieuses pour leur santé. Ils entrent pour 20 % dans les statistiques des d’accidents mortels, dans les exploitations agricoles; chaque année, plus de 100.000 enfants et adolescents y sont blessés. Ils sont exposés aux pesticides, dont certains sont réputés cancérigènes, comme les adultes, alors que le risque sanitaire est bien plus grand pour eux. Entre 3 à 15 ans, ils sont au moins trois fois plus susceptibles de développer une grave maladie. Aucune norme de protection n’existe, qui limiterait l'exposition des travailleurs agricoles, aux champs récemment pulvérisés.
Les lois fédérales permettent à un enfant âgé 13 ans de travailler par 35 °, dans un champ de fraises, mais ne permettent pas à cet enfant de travailler dans un bureau climatisé. L'âge légal aux Etats-Unis, pour effectuer la plupart des travaux de ferme, est de 14 ans et seulement 12ans, si ils sont accompagnés par un parent.
Pays en voie de développement
Dans 35 pays, constituant 35% des pays en voie de développement, 19 % des enfants (autant garçons que filles) âgés entre 5 et 14 ans, travaillent. A la campagne, ils sont 21% et en ville 13 % Les 2 tiers travaillent dans le cadre familial et moins de 5% sont domestiques à raison de 4 heures par jour, payés ou non. Dans les pays sub-sahariens, ce sont 20 % des enfants qui travaillent, plus de 4 heures par jour ; ce sont des garçons âgés de 10 à 14 ans. En Guinée-Bissau, par exemple, 80% d’entre eux appartiennent aux familles les plus pauvres (20 %) et 30% appartiennent aux30 % des familles les plus riches..
De: scott@rednet.org (monde hebdomadaire de peuples) 7 mars 97
Objet: Enfants exploités, victimes de la pauvreté
Deux milliards d'enfants vivant dans le monde, aujourd'hui; sont amenés à travailler, par la pauvreté pour soutenir leurs familles. C'est plus que la totalité des enfants de toutes les nations développées ensemble. 60 % d’entre d'eux travaillent six jours ou plus par semaine, 40 % pendant neuf heures ou plus par jour. La plupart des enfants travaillent dans les fermes, les plantations ou comme domestiques.
En Indonésie un tiers de tous les ouvriers domestiques ont moins de 15 ans. Un quart de million d'enfants à Haïti travaillent comme ouvriers domestiques et environ 50.000 d'entre eux sont âgés de 7 à 10 ans ; 9 sur 10 sont des filles.
Ces enfants peuvent travailler jusqu’à 12, 15 heures par jour. Ils ne reçoivent aucune réelle instruction. Très peu sont payés excepté en nature: L'habillement et la nourriture sont considérés comme suffisants. N’ayant acquis aucune formation, ces enfants se trouvent en grande difficulté, arrivés à l’âge adulte. Leurs conditions de vie ressemblent à l'esclavage. Dès 8 ou 9 ans, ils ont été mis en gage par leurs parents, parfois en échange des prêts à court terme, parfois simplement pour le coût de leur entretien. Beaucoup vont vivre en servitude durant leur vie entière.
L'Unicef cite la situation dans l'industrie du tapis, dans l'état d'Uttar Pradesh en Inde. Les enfants sont tenus captifs, forcés de travailler jusqu’à 20 heures par jour, souvent dans des lieux exigus qui arrêtent la croissance de leur corps.
Au Brésil, les enfants sont obligés de travailler dans la fabrication du charbon de bois, dans le Minas Gerais et Bahia et dans les exploitations de canne à sucre dans le Espiritu Santo. En 1989, on a estimé que trois millions d'enfants brésiliens, âgés entre 10 et de 14 ans, travaillent au sisal, au thé, à la canne à sucre et aux plantations de tabac. Un tiers des ouvriers des exploitations de canne à sucre sont des enfants ; le travail à la machete est difficile et dangereux, et dans 40% des accidents, ce sont des enfants qui sont impliqués. Ils travaillent pour l’exportation et la balance commerciale déficitaire de leur pays, dans les cultures de fleurs, en Colombie, et dans le sisal, les plantations de cacao, de café, de thé et de coton dans l'ensemble de l'Afrique.
Au Kenya, les enfants constituent un quart des ouvriers agricoles.
En Asie ils travaillent, en moyenne 14heures par jour, dans le tabac, le thé, le sucre et le caoutchouc. Le salaire minimum n’existe de toutes façons pas pour ces enfants. Ils sont exposés aux serpents, insectes et des pesticides, souvent forcés de porter des charges largement au delà de leurs capacités. Si des normes minimales de santé sont établies, elles ne s'appliquent pas aux enfants.
Puisque les enfants peuvent être payés moins et être maintenus dans la soumission, ils peuvent souvent obtenir le travail dans les industries où leurs parents ne sont eux, pas embauchés. Ils vont ainsi effectuer un travail qui devrait, revenir à leurs parents.
Dans l'industrie du verre pour montres-bracelets, en Inde ils portent le verre fondu sur des tiges à 50cm de leurs corps et tirent des fils de verre des fours en fusion. Un quart des ouvriers dans cette industrie sont les enfants (50.000).
Les enfants travaillent le cuir en Italie, font des briques en Colombie et au Pérou, travaillent pour le diamant et l’or en Côte d'Ivoire et l'Afrique du Sud, dans les mines de charbon en Colombie.
Le rapport de l'Unicef évalue l'industrie mondiale du sexe à plusieurs milliards de dollars. La nature souterraine et illégale de cette entreprise rend difficile l’évaluation du nombre d'enfants impliqués. Ils seraient 1 million, en majorité des filles.
Servant les appétits des hommes locaux et des touristes du sexe, les voici qui risquent, non seulement l’abus immédiat, mais aussi l'exposition aux drogues, aux grossesses non désirées et aux maladies sexuellement transmises, comprenant l'infection par le VIH, invariablement mortelle. On a évalué à 100 000, le nombre d'enfants impliqués dans ce commerce, aux Etats-Unis.
Dans les rues des villes des pays en voie de développement, les enfants qui y vivent, s’ils n’ont rien à vendre, vivent des vies bien plus marginales, volant et récupérant tout ce qui est possible (plastiques, chiffons, papiers, bidons). D’autres vivent leur vie dans la plus complète illégalité, dans les syndicats du crime, comme pickpockets, cambrioleurs, trafiquants de drogue et de prostituées.
La plupart des enfants des rues ont un toit où ils apportent leurs maigres revenus, mais environ un dixième, dort sur le pavé. Tous ces enfants n’ont pas accès à instruction.
Ils risquent d’être assassinés, comme ce fut le cas dans les rues de Rio de Janeiro pendant au moins les sept dernières années. Une réaction mondiale s’est élevée, face au meurtre de six enfants des rues, relaté dans les médias, en 1993, mais le massacre continue: probablement trois enfants chaque jour.
Si ces enfants sans instruction, survivent jusqu’à l'âge adulte, ils sont condamnés à perpétuer leur misère avec leurs propres enfants.
Pour casser ce cycle amer, les enfants doivent être libres, avoir accès à l’éducation ; si ils doivent travailler, que cela soit dans des conditions humanitaires. C’est ce que stipule la Convention sur les Droits de l'Enfance, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1990. Elle a été ratifiée largement et rapidement comme rarement dans l’histoire des droits de l'homme, sauf par les Etats-Unis et cinq autres nations.
Les lois nationales sur le travail des enfants et les droits légaux des enfants doivent protéger la majorité des enfants qui travaillent dans les secteurs non structurés, dans leurs propres foyers aussi bien que dans les entreprises. Tous les enfants doivent être enregistrés à la naissance, afin de protéger leur accès à l'éducation et à la santé, et de prouver leur âge, face aux employeurs et aux inspecteurs du travail. Des sociétés nationales et internationales qui utilisent le travail des enfants doivent respecter les conditions qui ne violent pas leurs droits des enfants.
Loin de pouvoir désigner cette volonté par le terme d’utopie, ses opposants devraient se rappeler l’exemple de Cuba. Bien que pays en voie de développement, son taux de mortalité infantile - 7,8 pour 1.000 naissances – est parmi les plus bas au monde, alors que son taux d'instruction - 96 % - est parmi le plus haut. Malgré le blocus criminel imposé par son voisin géant au nord, pas une école ou un hôpital simple n'a été fermée, et la santé est libre et accessible à tous.
Les enfants victimes de la pauvreté, de l’exploitation.
Par Julia Lutsky, en monde hebdomadaire des personnes, 8 mars, 1997.
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Selon le rapport du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (l'Unicef), 1997