à propos de l'omc

OMC : les cartels aux commandes

Cartel : Son emploi en économie politique (1906) est un emprunt à l'allemand

Kartell, employé pour la première fois en 1879 par un député libéral au

Reichstag, Eugen Richter, pour désigner un groupe de producteurs de

l'industrie métallurgique. Aujourd'hui, le cartel désigne un oligopole, où

quelques multinationales contrôlent le marché par entente entre elles, pour

s'assurer que la concurrence ne gênera pas leur contrôle et leur domination

du marché mondial.

Agnès Bertrand et Laurence Kalafatides ont rédigé en 2002, après 10 ans

d’enquête, un ouvrage très complet sur un organisme dont nos médias parlent

peu : l'OMC. Cet organisme qui était au départ un simple accord sur des tarifs

douaniers (Gatt) est devenu un monstre technocratique qui gère désormais

les politiques de 128 pays. Depuis un certain nombre d'années, force est de constater

que nos élus politiques sont des communiquants très bien payés, pour faire accepter aux populations des orientations politiques décidées par l'OMC et ses organisations soeurs : OMS,

FMI, FAO, Codex Alimentarius et Banque Mondiale.

Par exemple, toutes les privatisations des services publics depuis 20 ans ont

été décidées par l'OMC et la Commission européenne. La décision récente

d'autoriser les OGM en France, n'est que l'application de la volonté de l'OMC.

La loi sur l'autonomie des universités n'est qu'une première étape, avant la

privatisation complète des universités. Les faux déficits de la Sécurité Sociale,

qui est en réalité créditrice si l'État lui versait les sommes dues, permettent de

progressivement privatiser la Sécurité Sociale, etc.

La mascarade de la démocratie commence à se savoir de plus en plus chez les

Européens ayant accès à Internet, ce qui explique le divorce de plus en plus

important entre les médias qui vendent la pensée unique et le «progrès» à

coup de faux débats et d'experts autorisés, et les informations alternatives,

non financées par les multinationales.

"OMC, le pouvoir invisible" Fayard 2002  Extraits :

"Qui connaît le Gatt ? Qui sait seulement ce que signifie ce sigle ? Gatt,

General Agreement on Tarifs and Trade, c'est-à-dire Accord Général sur les

tarifs douaniers et le commerce, qui deviendra en 1995 l'OMC. Ce qui se passe

dans son siège discret, sur les rives paisibles du lac Léman, à Genève, est tout

à fait confidentiel. L'édifice anonyme arbore une plaque à peine plus grande

que celle d'un médecin ou d'un cabinet d'avocat."

Nicolas Sarkozy, le "décideur"

[...]

"Pour les quelques centaines de personnes vraiment averties, c'est à

s'arracher les cheveux, les règles du Gatt s'apprêtent à s'abattre sur le monde,

qui dort d'un sommeil de plomb. Les firmes multinationales se frottent les

mains. L'affaire sera bientôt dans le sac, c'est-à-dire dans le Gatt : brevets sur

le vivant pour satisfaire les firmes pharmaceutiques et biotechnologiques,

interdiction de protéger les paysanneries pour le plus grand bonheur des

firmes agroalimentaires, nouvelles règles sur mesure pour garantir un «

environnement favorable » aux investisseurs."

[...]

"Les manipulations génétiques ouvrent une véritable boîte de Pandore. Une

fois les OGM sortis des laboratoires, lâchés dans l'environnement, rien ni

personne ne pourra les contrôler. Il existe des risques évidents de mutations

ultérieures suite à des croisements avec des espèces sauvages. Parce qu'ils

sont incontrôlables et irréversibles, ces phénomènes sont plus graves encore

que la pollution chimique. Ivan Illich qualifie le génie génétique de «

pollution de l'évolution ».

[...]

"Shell et Unilever détiennent le monopole commercial sur la reproduction des

palmiers à huile. De son côté, Union Carbide contrôle 50 % du marché des

semences de maïs. Ces firmes en position monopolistique pourront organiser

la rareté afin d'imposer leurs nouvelles variétés. Les dix firmes leaders dans la

vente des produits agrochimiques sont toutes sans exceptions actives sur le

marché des semences. Depuis la fin des années 1960, ce sont les secteurs de la

pétrochimie et de la production pharmaceutique qui ont majoritairement

racheté les compagnies liées au marché des semences."

[...]

"Rappelons que le brevet récompense une invention et non une découverte. Si

une chose préexiste dans la nature, comment pourrait-on prétendre l'avoir

inventée parce qu'on l'a identifiée, isolée, voire purifiée ? C'est pour

contourner cet obstacle que les grandes firmes qui appelaient à la

brevetabilité du vivant ont choisi le Gatt pour cadre juridique privilégié. Une

campagne bien orchestrée a réussi à faire entrer la propriété industrielle dans

les prérogatives du Gatt. Puis on changera l'adjectif « industrielle » pour «

intellectuelle ». Ni vu ni connu, les brevets sur le vivant se retrouvèrent dans

les accords du Gatt. Ce tour de passe-passe, outre l'extension de la durée des

brevets d'inventeur de cinq à vingt ans, s'accompagne au passage d'une tripe

infraction à toutes les législations antérieures en la matière :

- Il n'y a plus d'obligation d'expliciter le processus que constitue l'invention

pour déposer le brevet. Il est couvert par le secret industriel.

- Il n'y a plus d'obligation d'exploitation nationale ni de cession à un tiers qui

ne ferait la demande. Les grandes firmes pourront ainsi geler des brevets dans

les pays du sud, dans le but de se réserver des monopoles futurs. - Plus

scandaleux, il y a inversion de la charge de la preuve. Celle-ci ne devra pas

être apportée par la firme plaignante, mais ce sera à la petite entreprise

accuser de pirater des « inventions » biotechnologiques de démontrer son

innocence. Cette inversion constitue une régression phénoménale sur le plan

juridique et un retournement hasardeux en l'état actuel des connaissances en

biologie moléculaire."

[...]

"Les brevets sur le vivant, y compris sur les parties et processus du corps

humain, remettent en cause notre conception de la vie et notion même de

personne humaine. Il suffit de tracer le parallèle avec ce qui se prépare dans le

domaine de l'agriculture pour entrevoir l'emprise que les firmes détenant ces

brevets auraient sur le devenir du genre humain. Alors « l'humanité ne serait

plus une communauté de sujets mais un marché d'objets »."

[...]

"En 1946 le projet d'Organisation internationale du commerce achoppe sur de

profondes divergences. L'époque est au keynésianisme, qui prône un certain

partage des fruits de la croissance. Tout le monde ne l'entend pas de la même

oreille. Certains pays insistent sur des objectifs de plein-emploi dans la charte

de l'organisation. Les quelques pays du sud représentés tiennent absolument

à ce que les transferts de technologie vers leurs hémisphères soient prévus.

La tentative se concrétise néanmoins à travers la Charte de la Havane, signée

dans la capitale cubaine le 10 octobre 1947. Mais les Américains s'en retirent

bientôt sous prétexte que le congrès n'acceptera pas de se voir soumis à une

quelconque bureaucratie internationale. La vraie raison est que le

gouvernement américain n'est pas disposé à renoncer à sa suprématie sur la

scène mondiale. Exit l'OIC, pour ainsi dire mort-née. Les États-Unis

parviennent à entraîner derrière eux 23 pays qu'ils réunissent pour les

premières négociations de ce qui va devenir l'Accord Général sur les Tarifs

Douaniers et le Commerce, le Gatt (ndlr : General Agreement on Tarifs and

Trade). Il s'agit d'un accord provisoire qui n'a pas à proprement parler, de

statut juridique."

[...]

"À l'origine et jusqu'à l'Uruguay Round, les prérogatives du Gatt sont

relativement restreintes. Les règles ne s'appliquent que sur le commerce

transfrontière des marchandises. Les règles du Gatt n'ont pas alors d'emprise

sur la législation interne des pays. [...] L'Uruguay Round marque le grand

tournant. En septembre 1986, sur invitation américaine - les États-Unis sont

alors sous l'administration Reagan - les 103 pays adhérents au Gatt se

retrouvent dans le grand casino, ironie de l'histoire, de Punta del Este en

Uruguay. [...] la réticence de la majorité des pays membres n'empêchera pas

cette longue réunion ministérielle de porter ses fruits. [...] Le mandat de

Punta del Este fait entrer quatre nouveaux secteurs dans les négociations

commerciales multilatérales : l'agriculture, les services, la propriété

intellectuelle et l'investissement."

[...]

"Prétendre appliquer les mêmes règles aux paysans du Burkina-Faso et aux

grands fermiers américains, qui sont par ailleurs les subventionnés du

monde, relève de l'imposture et enclenche un sinistre processus, dont nous

n'avons pas fini de compter les victimes."

[...]

"À Punta del Este, les services sont fourgués pêle-mêle dans l'accord du Gatt

en gestation. Les assurances, le tourisme, l'information, les

télécommunications, les transports, la poste, la construction, l'ingénierie, la

recherche, la publicité, le conseil juridique, et jusqu'à l'éducation et la santé.

En tout 160 sous-secteurs rassemblés en 11 secteurs vont rentrer dans l'orbite

du Gatt. Ainsi dans le secteur récréatif on trouve les sports, les spectacles, les

bibliothèques et même les musées."

[...]

"Seuls les services fournis dans le cadre de l'exercice gouvernemental, à savoir

l'armée et la police sont exclus de l'accord. Jolie définition du rôle des

gouvernements, cantonnés dans leurs fonctions répressives."

[...]

"Comment faire pour se débarrasser des entraves au commerce qui ne se

présentent pas sous forme de droits de douane, mais de législations

nationales ? Le Gatt a alors recours a d'autres instruments : l'Accord sur les

mesures sanitaires et phytosanitaires impose le Codex Alimentarius comme

instance normative pour les additifs alimentaires, pesticides et autres

contaminants. Toute norme plus stricte que le Codex sera considérée comme

un obstacle au commerce."

[...]

"Imaginons par exemple un consensus entre la Bolivie et les Etats-Unis. Il

serait très simple que l'ambassadeur bolivien manifeste une résistance active

dans une des négociations : on appellera son ministère de tutelle, « au fait

n'aviez pas une demande de prêt en cours auprès du FMI ?» [...] Le chantage

est une arme puissante. Il a été abondamment utilisé, souvent de façon plus

directe encore, en particulier par les Etats-Unis, qui pèsent très lourd au Gatt.

Armés du 301 et du super 301, deux lois votées par le congrès américain qui

stipulent qu'en cas de menace sur les intérêts américains qui stipulent qu'en

cas de menace sur les intérêts américains où que ce soit dans le monde les

pays « fautif » recevra une notification en aura six mois pour réagir, faute de

quoi les Etats-Unis pourront boycotter toutes ses exportations."

[...]

"« Au Gatt, je n'ai jamais compris ni ce qu'on négociait, ni comment on

négociait. Tout ce que je sais, c'est que pour prendre la parole, je devais placer

à la verticale mon présentoir France. J'avais alors à lire un texte préparé par

des experts. Je ne sais qui étaient ces experts, mais ce que je sais, c'est que les

experts américains des firmes d'avocats d'affaires, avaient toujours le dessus.

» Étonnant aveu de la part de celui qui était chargé de signer les accords pour

la France."

[...]

"Aux États-Unis, 170 000 personnes sont employées à plein-temps par de

grandes firmes pour s'occuper des relations avec la presse. C'est 40 000 de

plus que le nombre de journaliste que compte le pays."

[...]

"Comme les trusts et les grands médias sont de plus en plus interconnectés, le

rouleau compresseur en vient à émousser les consciences, à estomper les

frontières entre le réel et la publicité. Les budgets publicitaires annuels

atteignent déjà dans le monde la moitié de ceux de l'éducation."

[...]

"Qui orchestre les négociations agricoles au Gatt ? Pour l'Europe, c'est Ray

MacSharry, le commissaire négociateur sur le dossier agricole, qui négociera

le deal désastreux de Blair House et se retrouvera peu après son départ de la

commission parmi les cadres dirigeants de la firme Cargill (semences)."

[...]

"Le Codex Alimentarius basé à Rome, cet organe conjoint de la FAO et de

l'OMS était jusqu'alors prescriptif et non arbitral. Le huitième round du Gatt

le promeut au rang d'arbitre de la légalité des normes en matière d'étiquetage

des produits et de taux de résidus chimiques dans les denrées alimentaires;

toutes les précautions plus strictes que nécessaire seront considérées comme

entraves au commerce et passibles de représailles commerciales. Les toxiques

dans votre assiette ce sera désormais l'affaire du Gatt.

Le Codex Alimentarius devient la bête noire des associations écologistes.

Public Citizen, avec à sa tête Lori Wallach, réalise une enquête approfondie.

Elle révèle que le comité du Codex étant principalement composé de

représentants des industries agroalimentaires et phytosanitaires, tous les

niveaux de pesticides autorisés sont en train d'être revu à la hausse. Confié

aux bons soins de scientifiques parfaitement objectifs puisque mandatés par :

Nestlé Foods, Pepsi Co inc, The Coca Cola Company, Protein Technologies

International ou encore l'American Association of Cereal Chemists, le Codex

se livre à l'harmonisation des seuils sur le plan mondial... [...] Les nouvelles

normes du Codex autorisent par exemple une multiplication par 33 du taux

de résidus de DDT autorisé dans les brocolis ou la laitue, par 20 celui

d'heptachlore dans les carottes, par 3 celui d'endrine dans le lait."

[...]

"Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le « deal » de Blair House

accorde aux États-unis le quasi-monopole de l'alimentation européenne pour

le bétail. Pour comble l'arrangement se fait en contournant les ministres de

l'agriculture des douze (ndlr : à l'époque l'Union Européenne ne comptait que

douze pays). Dans le cercle des amis de Cargill, on peut se frotter les mains,

on les a bien entubés ces Européens."

[...]

"Plus nous avancions dans la connaissance des accords, plus il devenait

évident que l'écrasante majorité des politiques étaient dépassés. Si Bercy était

au fait, en particulier les membres de la Direction des Relations Économiques

Extérieures (DREE), la plupart des ministres, sans même parler des

parlementaires, n'avaient qu'une idée vague et confuse de la teneur des

négociations en cours. S'il avait fallu donner des bonnets d'âne dans ce

domaine, nous n'aurions pas su où donner de la tête."

[...]

"Pour les populations du tiers-monde, c'est l'accord agricole couplé aux droits

de brevet sur les semences qui constitue la menace la plus brutale et la plus

immédiate. La levée des quotas d'importation, l'interdiction de protéger les

paysans, artisans, pêcheurs, petits commerçants, augurent un drame pour les

régions du globe où l'économie de proximité est le principal moyen de

subsistance. Voilà qui revient à nier le droit à l'existence de celle et ceux qui

dépendent de l'économie villageoise et de l'agriculture vivrière."

[...]

" Dès son entrée en vigueur en 1995, l'OMC jouira de pouvoirs bien supérieurs

à ceux du Gatt, et aura par ailleurs un caractère permanent. Il s'agit en réalité

d'un transfert quasi intégral de l'autorité des gouvernements sur les questions

liées au commerce vers la nouvelle institution qui n'est rien moins qu'un

gouvernement mondial."

[...]

"Le principe de séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le

judiciaire est bafoué par la nouvelle organisation. L'OMC s'octroie en effet,

simultanément le rôle de législateur en définissant les règles, d'arbitre par le

biais des verdicts de ses panels, et de gendarme au moyen des représailles

commerciales. Cette concentration des pouvoirs fait de l'OMC une institution

sans égale. Un gouvernement économique mondial sans parlement et sans

justice indépendante. Un exécutif qui exécute par l'entremise de technocrates

prenant conseil auprès des lobbies économiques dominants."

[...]

"En août 1992, le verdict tombe : le MMPA (loi sur la protection des

mammifères marins) est décrété anti-Gatt. [...] En effet, dans l'accord OTC, il

est stipulé que ce genre de mesure extraterritoriale est contraire aux règles du

commerce international. Seul le contenu d'un produit peut être mis en cause.

Ses conditions de production et de transformation, pas plus que les méthodes

de pêche ou de capture, ne peuvent justifier un refus d'importation.

Autrement dit, les choix écologiquement responsables sont interdits. La seule

logique, obsessionnelle et tautologique, que l'organisation tolère, c'est : « une

marchandise est une marchandise. » Un point c'est tout."

[...]

"En 1998, le tribunal de l'OMC tranche : les Européens sont condamnés au

motif qu'ils n'ont pas apporté les preuves scientifiques du caractère

cancérigène des hormones de croissance bovine (RBGH). L'accord sur les

mesures sanitaires et phytosanitaires et phytosanitaires (SPS) stipule que

seuls les preuves irréfutables de la dangerosité des substances incriminées

peuvent motiver une telle interdiction. Irréfutable, sous-entendu selon les

normes établies par l'organisation de l'OMC, le Codex Alimentarius."

Pascal Lamy, le "directeur général" de l’OMC

[...]

"Les lois nationales sont pour les trois quarts des obstacles au commerce qu'il

faut démanteler. Si une clause ne peut s'appliquer, on en trouvera toujours

une autre si ce n'est cet accord, ce sera le prochain. Les appels à la régulation

du commerce international pour humaniser la mondialisation doivent

provoquer bien des rires sarcastiques à Genève et chez les lobbies qui hantent

les couloirs de l'organisation. [...] Comme un voleur entré dans la nuit par

effraction dans votre maison s'emparerait de vos objets précieux, ces accords

dérobent clandestinement des pans entiers de votre Constitution. Mais au

moment où votre plainte passe devant le tribunal, le voleur se retrouve dans

le rôle du juge. C'est vous qui n'êtes pas en règle : les instruments

démocratiques que vous essayez de défendre sont en infraction avec des

accords que votre gouvernement a ratifiés."

[...]

"L'apologie de la mondialisation s'appuie toujours sur les trois mêmes

supposés, non seulement simplistes mais fallacieux. La science va permettre

de tout comprendre; la technique va tout résoudre; grâce au marché on va

pouvoir tout acheter."

[...]

"La globalisation culturelle offre en effet deux avantages, elle permet la

constitution d'empires médiatiques gigantesques qui sont autant de quasi monopoles.

La projection d'images et de messages identiques colonise les

psychés et paralyse le jugement : une excellente recette pour augmenter le

réservoir de consommateurs. Pour Jerry Mander, l'homogénéisation étant le

contraire de la culture, au bout du compte la globalisation de l'information,

c'est la destruction des cultures."

[...]

"L'accord multilatéral sur l'investissement, qui peut se résumer à un traité

pour passer des droits des peuples à disposer d'eux-mêmes au droit des

investisseurs à disposer des peuples, programme entre autres choses

l'interdiction pour les pays membres de toute restriction aux mouvements des

capitaux spéculatifs. Une affaire capitale pour la triade OMC-FMI-Banque

Mondiale."

[...]

"En redéfinissant la règle du jeu pour l'acquisition de l'ensemble des moyens

de production, de distribution, et de création, l'AMI (Accord Multilatéral sur

l'Investissement) va plus loin que tous les accords de libre-échange existants.

Tous les secteurs d'activité sont concernés, à l'exception de la police et de

l'armée. Autant dire que l'AMI réduit le rôle de l'État à son squelette répressif.

L'assaut contre la démocratie est frontal. Les clauses du futur accord, quasi

finalisé, constituent autant de menaces pour les services publics, le droit du

travail, la protection de l'environnement, la culture, la sécurité alimentaire. Il

ne s'agit ni plus ni moins que de la constitution d'une économie mondiale

unifiée au bénéfice des investisseurs."

[...]

"Maastricht, véritable traité de la démission du politique, inscrit le recul du

pouvoir législatif de chacun des pays membres de l'Union sans que le

Parlement européen voie pour autant ses compétences accrues. Une partie

importante des prérogatives des législateurs se volatilise donc pour ainsi dire.

L'opération laisse les mains libres à la Commission européenne pour les

décisions concernant les politiques commerciales, la politique énergétique, les

transports."

[...]

"Faire l'Europe pour mieux résister aux Américains dans les négociations du

Gatt ? L'article 113 du traité de Maastricht a été taillé sur mesure pour donner

au commissaire du commerce extérieur la latitude de mener ces négociations

commerciales par-dessus les populations et en contournant les

gouvernements de l'Union Européenne."

[...]

"Dans le contexte de compétition exacerbée créé par Maastricht, les

gouvernements se voient acculés à consacrer la quasi-totalité de

l'investissement à l'accroissement de la productivité. Cela permet aux

industries comptant déjà parmi les plus performantes d'empocher des

enveloppes budgétaires, autrement dit d'être subventionnées par les

contribuables pour mieux réaliser leur profit privé. C'est l'État providence

pour les firmes multinationales."

[...]

"Prenons le programme autoroutier arrêté par Bruxelles : 12 000 kilomètres

supplémentaires d'autoroutes pour un doublement du trafic de poids lourds

prévu entre 1992 et 2000. Les 12 milliards d'euros alloués pour ce bétonnage

représentent incontestablement un atout majeur pour les industries en voie

de concentration. C'est exactement ce que demandait la Table ronde

européenne des industriels dans son rapport sur les transports, intitulé "Les

Chaînons manquants."

[...]

"Quand Maastricht est finalement signé, les milieux d'affaires se congratulent.

Enfin, les grandes directives européennes n'auront plus besoin d'être décidées

à l'unanimité du Conseil des ministres : le vote à la majorité qualifiée suffira.

C'est un immense avantage. Même si trois gouvernements de l'Union

s'opposent à la signature d'accords de commerce, l'Europe pourra y entraîner

tous ses États membres. [...] Dans les faits, les grandes entreprises

européennes déjà mondialisées prescrivent et les grandes lignes et le détail de

la mise en œuvre de la nouvelle architecture européenne. La Table ronde

européenne des industriels (ndlr : ERT - http://www.ert.be), un club discret

qui rassemble quarante-sept pdg des plus grandes firmes européennes, a

établi des rapports privilégiés avec la Commission. Les membres de l'ERT

sont les principaux conseillers en matière de politique de concurrence, de

transport, de télécommunications. [...] L'ERT produit rapport sur rapport sur

les transports, l'éducation, la fiscalité. Ses desiderata sont repris dans le

traité, où ils sont transposés en termes juridiques. À l'exception de la date

d'entrée en vigueur de la monnaie unique, toutes les demandes des grands

lobbies sont adoptées dans le traité de Maastricht. [...] L'ERT et l'Unice ne

sont pas les seuls lobbies à entourer la Commission d'une sollicitude toute

désintéressée. Celle-ci est également sous la haute surveillance d'un lobby

américain : le Comité européen de la Chambre américaine du commerce (ndlr

: AmCham - EU http://www.eucommittee.be). Établi à Bruxelles depuis les

années 1970, il devient de moins en moins discret au fils des ans. Il emploie

aujourd'hui plus de 650 personnes et ses 12 sous-comités scrutent et

anticipent l'évolution de la législation européenne avec leurs alliés naturels

l'ERT et l'Unice."

[...]

"Pour accompagner le partenariat économique au sommet, un Dialogue

d'affaires transatlantique (en anglais TABD TransAtlantic Business Dialog -

http://www.tabd.com) est officiellement mis en place. La TABD réunit une

centaine de grandes firmes de part et d'autre de l'Atlantique, dont Boeing,

Federal Express, Procter & Gamble, Tome Warner, Westinghouse, Monsanto,

Suez, Unilever, Danone, Bayer, Bertelsmann, ICI, Philipps, Olivetti, Pirelli,

etc. Cette institution d'un nouveau genre a été créée en 1995 à l'initiative du

gouvernement américain et des commissaires européens Leon Brittan et

Martin Bangemann."

[...]

"Un nombre impressionnant des recommandations de la TABD jusqu'à 80 %

d'après les hauts fonctionnaires américains, sont reprises par les

gouvernements européens et états-uniens et transformées en mesure

politique officielles."

[...]

"David Hartridge, directeur de la division du Commerce des services à l'OMC

: « Sans l'énorme pression exercée par le secteur financier américain,

particulièrement des compagnies telles que American Express et Citicorp, il

n'y aurait pas eu d'AGS (Accord Général sur le commerce des Services), et

peut-être pas d'Uruguay Round ni d'OMC. »"

[...]

"Le processus de privatisation-marchandisation de l'AGS concerne

potentiellement tous les services : des bibliothèques à l'école élémentaire, des

services financiers aux musées, des services informatiques aux archives

nationales, soit au total 160 sous-secteurs regroupés en 11 catégories."

[...]

"Comme l'explique Scott Sinclair, chercheur canadien, « la portée de l'AGS est

telle que les règles s'appliquent à tous les échelons de décision politique. Les

gouvernements mais également les conseils régionaux, généraux et les

communes sont tenus de se mettre en conformité avec l'accord. »"

[...]

"L'idéologie en vigueur à l'OMC rend potentiellement suspectes les mesures

pour la protection de l'environnement, le droit du travail ou l'accès universel

aux services. En effet, couvre la quasi-totalité des mesures d'ordre

gouvernemental, c'est-à-dire non seulement les lois, décret, règlements et

directives, mais aussi les subventions, normes et qualifications, tests de

nécessité économiques, etc. La mise au chômage technique des

parlementaires (ndlr : devenus inutiles) semble d'ores et déjà programmée."

[...]

"L'AGS est un processus à sens unique. Les pays qui souhaitent réviser à la

baisse leurs engagements le peuvent, mais cela leur coûtera cher puisqu'ils

devront s'acquitter de compensations aux fournisseurs de services qui

s'estimeraient lésés."

[...]

"Pour la distribution, par exemple, ce sont les lois concernant les horaires

d'ouverture des magasins, le zonage et la planification, la fixation des prix et

le marché du travail qui sont mis à l'index. En ce qui concerne l'audiovisuel, le

groupe de travail se fait pythie il annonce que les États devront revoir « la

structure de leurs réglementations ». Dans le même esprit, dans le secteur de

la santé, les prescriptions en matière d'agrément pour les cliniques et les

hôpitaux ainsi que les règles et pratiques régissant le remboursement dans les

régimes d'assurances obligatoires risquent d'être revues et corrigées par

l'OMC."

[...]

"Reste à se poser la question suivante : les parlements seront-ils encore

longtemps nécessaires ? Autrement dit, les pays conserveront le droit de voter

les lois et d'adopter les réglementations qu'ils souhaitent, à condition

toutefois qu'elles soient favorables aux intérêts des grands opérateurs de

service."

[...]

"Patrick Barnevik, pdg d'Asean Brown Boveri : « Je définirais la

mondialisation comme la liberté pour mon groupe d'investir où il veut, le

temps qu'il veut, pour produire ce qu'il veut, en s'approvisionnant où il veut et

en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du

travail et de conventions sociales. »"

[...]

"Pour les tenants du libéralisme, l'éducation est avec la santé, le dernier

bastion à conquérir. En France, nos dirigeants se veulent rassurants et tentent

de nous faire croire que l'enseignement n'est pas à l'ordre du jour des

discussions de l'AGS. Moins hypocrite, le gouvernement canadien passe aux

aveux : « les services d'éducation ont été reconnus par de nombreux pays

comme secteurs prioritaires en vue des prochaines négociations sur le

commerce des services. » Quant à la délégation américaine, elle a depuis

longtemps fait connaître ses exigences en la matière. Du côté des cours de

récréation, le secrétariat de l'OMC planche à la marchandisation du secteur

pédagogique. L'organisation de Genève a déjà engagé deux domaines dans le

cercle vicieux de l'AGS : l'enseignement supérieur et la formation pour

adultes."

[...]

"En Nouvelle Zélande, les réformes parlementaires ont abouti

au programme de libéralisation de l'éducation le plus audacieux jamais mis

en place dans un pays riche. En Grande-Bretagne, ce sont des pans entiers de

la gestion des écoles publiques qui sont d'ores et déjà aux mains de firmes

privées telle que Procter & Gamble et Shell International. Face à la baisse

continue des financements gouvernementaux, de plus en plus d'universités

publiques proposent des formations payantes."

[...]

"Avant la fin de l'année 2001, l'ensemble des écoles européennes devront être

connectées à Internet. Tandis que l'on diminuera le nombre d'enseignants et

que l'on gèlera leurs salaires, une part de plus en importante des budgets

nationaux de l'Éducation sera consacrée à l'informatisation des écoles. Pour le

plus grand bonheur des marchands de logiciels, de produits éducatifs et des

fabricants d'ordinateurs. Ce transfert de fonds publics vers les entreprises

privées répond au premier objectif de l'ERT (La Table ronde européenne des

industriels : European Round Table). Le deuxième est de fournir à l'économie

du XXIe siècle une main-d’oeuvre mobile, flexible, adaptable, capable de se

former tout au long de sa vie, sur son temps libre et à ses frais, bref

mondialisée."

[...]

"Pour discuter de ses priorités, l'ERT rencontre tous les six mois le président

de l'Union Européenne. L'ERT est dirigé depuis 1999 par Morris Tabaksblat

(ndlr : aujourd'hui c'est Jorma Ollila). Président de la firme anglonéerlandaise

Reed-Elsevier, celui-ci affiche son intention de devenir leader

mondial du secteur de l'éducation et de l'édition sur Internet. Pour superviser

les progrès des négociations à l'OMC, l'ERT s'est dotée d'un groupe de travail

sur les relations économiques extérieures. Son président, ce n'est pas un

hasard, n'est autre que Peter Sutherland, président de BP Amoco et ancien

directeur général du Gatt. Pour faire passer ses instructions aux

gouvernements, le lobby ne s'embarrasse pas de précautions : « la

responsabilité de la formation doit être en définitive assumée par l'industrie.

L'éducation doit être considérée comme un service rendu au monde

économique. »"

[...]

"Pour l'OCDE : « les pouvoirs publics n'auront plus qu'à assurer l'accès à

l'apprentissage de ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable et

dont l'exclusion de la société en général s'accentuera à mesure que d'autres

vont continuer à progresser. »"

[...]

"Durant les années 1980, sous les actions conjuguées du FMI et de la Banque

Mondiale, les pays du tiers-monde endettés furent contraints de réduire

drastiquement les dépenses d'État en matière de santé, de prestations sociales

et d'éducation. Licenciement d'enseignants, fermeture d'écoles, assèchement

financier des universités, la situation devient rapidement catastrophique."

[...]

"En Inde, depuis le début des années 1990, les gouvernements successifs se

sont résolus à appliquer le calendrier des privatisations dictées par la Banque

Mondiale. Dans l'État du Kerala, 75 % des universités sont privées, l'anglais

devient de plus en plus la langue d'enseignement. En Côte-d'Ivoire, 60 % des

établissements secondaires sont désormais privés."

[...]

"Pays où la tradition de service public et de protection sociale et de protection

sociale est solidement ancrée, le Canada, échaudé par l'Alena est spécialement

réactif aux projets de libéralisation sauvage. Le mouvement contre l'Ami

(Accord Multilatéral sur l’Investissement) ayant fait un travail en profondeur

auprès des municipalités, de nombreux élus locaux sont immunisés contre la

propagande sur les bienfaits de la libéralisation via les accords de libreéchange.

En quelque mois à peine, plus de cinquante conseils municipaux votent des

motions contre l'AGS. Par ces motions, Vancouver, Québec, Toronto, Ottawa

se décrètent « hors AGS ». [...] En clair, ce front commun d'élus demande une

exception démocratique. À savoir le droit d'exercer les fonctions pour

lesquelles ils ont été mandatés. La fronde des municipalités canadiennes

contre l'AGCS témoigne d'une responsabilité politique d'autant plus

remarquable qu'elle se situe en dehors de tout contexte électoral."

[...]

"Le but de l'OMC, inscrit dans ses statuts, c'est la croissance du commerce

mondial. L'usage parcimonieux des ressources est non seulement découragé,

il devient interdit. Le prétendu libre-échange, bien souvent imposé, se fonde

sur la compétition sans limites. Pour rester compétitives, les firmes rivales

intensifient production et exploitation : agriculture industrielle à grand

renfort d'engrais et de pesticides, surpêche menaçant les ressources

halieutiques, accélération du rythme de la déforestation, concentration des

usines chimiques, etc. Produire toujours plus et moins cher entraîne des

conséquences irréversibles sur les écosystèmes. Ce productivisme au

détriment des richesses naturelles, c'est ce que les économistes désignent par

les expressions « externalisation des coûts » ou encore « dumping écologique

». Les coûts sont transférés aux générations futures. Les règles

macroéconomiques fixées par l'OMC en connivence avec le FMI et la Banque

Mondiale condamnent les producteurs les plus respectueux de

l'environnement. Leurs produits n'étant pas concurrentiels, ils perdent leurs

débouchés locaux. L'agriculteur du Sud qui travaille son lopin de terre peut

d'autant moins lutter contre les firmes agroalimentaires que, pour conquérir

les marchés, celles-ci n'hésitent pas, en infraction aux règles de l'OMC, à

recourir au dumping. Les modes de vie en harmonie avec les écosystèmes, les

seuls offrant une alternative à la poursuite de la destruction, sont ainsi

condamnés à disparaître."

[...]

"Si la course à la productivité, comme la course aux armements, est sans cesse

plus polluante et énergivore, voilà qui n'est pas pour déplaire à tous. La

production d'objets « prêts à jeter » se solde par des montagnes de déchets

dont le coût écologique est incalculable. Déchargent qui polluent les sols et

jusqu'aux nappes phréatiques, incinérateurs qui dispersent leurs émanations

de dioxines mortifères dans l'atmosphère. Nous croulons sous le poids de nos

déchets ? Qu'importe. Pour les industriels de la dépollution, ce sont autant de

mannes et de nouveaux créneaux commerciaux. La commercialisation des

déchets dangereux et des poisons devrait être interdite, mais elle constitue

une activité fort lucrative."

[...]

"La Banque Mondiale, convaincue de l'importance du service de l'eau,

distribue dans des écoles africaines des brochures qui expliquent que l'eau

potable est une ressource rare, qu'il faudra apprendre à payer. S'appuyant sur

la réalité d'une crise mondiale de l'eau, elle déguise son cynisme en leçon de

morale aux enfants africains.

Pendant ce temps des industries particulièrement voraces en eau, comme

l'industrie informatique, à l'image d'Intel qui a quasiment épuisé les nappes

phréatiques de la Silicon Valley, absorbe des quantités énormes d'eau pure

qu'elles rejettent polluée. Ces industries, tout comme l'industrie chimique ou

l'industrie nucléaire, qui bénéficient de tarifs préférentiels, sont servies au

détriment des besoins des populations."

[...]

"Dans son ouvrage Blue Gold, Maude Barlow relate comment, en décembre

1999, Bechtel a annoncé le doublement du prix de l'eau : « Pour la plupart des

Boliviens, l'eau coûte désormais davantage que la nourriture. Par-dessus le

marché, le gouvernement bolivien, sous la pression de la Banque Mondiale,

accorde le monopole absolu au détenteur de la concession et déclare qu'aucun

prêt ne devra servir à subventionner les services d'eau pour les pauvres. Toute

l'eau, même celle des puits communautaires, est protégée et l'on ne peut y

avoir accès qu'avec un permis. Les paysans et les fermiers doivent mêmes

acheter le droit de recueillir l'eau de pluie sur leurs terres. »"

[...]

"Les écosystèmes ne sont pas davantage conviés à la table des négociations

que les générations futures ne sont pas convoquées aux urnes. L'impudence

des grands de ce monde et de leur OMC paraît rarement pour ce qu'elle est :

un cynisme décadent qui n'a cure ni du monde ni de ses habitants."

[...]

"La privatisation de tous les secteurs, notamment publics ne devient lucrative

qu'avec l'abaissement du coût du travail. La solution économique prônée par

le Conseil des services de l'OMC est d'importer une main-d'oeuvre qualifiée,

capable de remplacer les chirurgiens, infirmières, informaticiens, etc., pour

des salaires très inférieurs. C'est ce qu'on appelle la « mobilité des travailleurs

», ou « mode 4 de fourniture des services. » Ce « mode 4 » devrait alerter

particulièrement les élus et les organisations syndicales. Dans les

négociations de Genève, on parle ouvertement des « visas GATS ». Les firmes

pourront demander de tels visas, beaucoup plus expéditifs, puisque

normalisés par Genève, pour le personnel qu'elles souhaitent « importer. »

[...] Le travailleur migrant étant par définition, de passage, il n'y aura pas lieu

de payer pour lui de cotisations sociales exigées par les travailleurs nationaux.

Mieux on pourra le rétribuer selon une grille de salaire proche de celle de son

pays d'origine. [...] Cette mise en concurrence mondiale des « marchés de la

main-d’oeuvre » sans que les firmes aient besoin de se délocaliser préfigure la

dérégulation généralisée des droits du travail : destruction des conventions

collectives et bientôt de tous les acquis sociaux."

[...]

"Remettre l'OMC à sa place, est-ce là un bon objectif ? L'ennui c'est que

l'OMC occupe une place qu'elle n'aurait jamais dû occuper, qui ne lui

appartient pas et à laquelle elle n'a réussi à accéder que par une espèce de

coup d'État planétaire. De par son histoire, de par ses méthodes de

négociations et ses conditions de ratification, l'OMC est une organisation

fondamentalement illégitime. En un mot, elle ne devrait pas exister. Ce n'est

pas un hasard si la transformation du Gatt en OMC a été un secret

jalousement gardé pendant si longtemps. Certains avancent qu'il faut bien des

règles pour discipliner le commerce mondial. Que sans l'OMC ce serait bien

pire, car c'est la loi de la jungle qui régnerait. Mais les accords de l'OMC ont

précisément pour objectif de soumettre les législations nationales, le droit du

travail, la protection sociale, le droit environnemental et celui des

consommateurs aux impératifs des firmes transnationales."

[...]

"Pour l'espèce humaine en général, le règne de l'OMC met en danger la survie

de millions de paysans dans l'hémisphère Sud et banalise la précarisation et le

chômage dans le Nord. Son ordre froid contribue à augmenter la peur et la

misère. La liberté de parole devient à son tour précaire. L'époque des grands

empires médiatiques, dont les intérêts se confondent avec ceux de la

déréglementation généraliser, tend à contrôler le discours critique : il devient

réduit à la portion congrue, caricaturé voire assimilé à des explosions de

violence, au hooliganisme, quand ce n'est pas, du moins par insinuation, au

terrorisme."

[...]

"Des règles contraignantes sur le commerce mondial ? Oui, elles sont plus

nécessaires que jamais. Des règles claires, identiques pour tous, du point de

vue de la survie de la biosphère et de ses habitants, sont devenues

impératives. Seulement l'OMC, championne de l'Oppression Mondiale par le

Commerce, ne peut remplir cette fonction. Elle a été créée précisément pour

démanteler les obstacles au grand commerce. Parce qu'à travers son tribunal

ses décisions ont force exécutoires, l'OMC constitue la principale entrave à

l'établissement de nouvelles règles qui seraient non plus prédatrices mais

réparatrices de l'environnement, justes pour les populations et réellement

favorable à l'emploi. La marginalisation, voire la mise au pas des agences des

Nations unies démontre par ailleurs que l'OMC s'acharne à torpiller toute

possibilité de démocratisation et d'humanisation du système économique

international."

[...]

"Maintenant que l'OMC est en place, les gouvernements qui s'écarteraient de

la voie libérale se retrouveraient eux-mêmes dans l'illégalité, et contraints

d'abroger leurs lois ou leurs réglementations ou de payer des compensations.

La reconfiguration, ou plutôt la restructuration du rôle des gouvernements

sous l'égide de l'OMC et sous la férule de son tribunal établit une situation

nouvelle à laquelle les mouvements antiglobalisation sont obligés de réfléchir

pour relever le défi. Réhabiliter le politique ? Mais, dans le contexte de guerre

économique, il est devenu presque impossible aux États de faire machine

arrière. C'est aux peuples et à eux seuls d'ouvrir des voies alternatives. De

toute façon, même sur le terrain miné des élections, ce sont les peuples qui

feront la différence, car seule une pression populaire peut pousser les

dirigeants à résister aux diktats de l'OMC. Le mouvement antiglobalisation

s'accorde sur ce constat : les règles de l'OMC ont été édictées par et pour les

firmes transnationales et des castes politiques qui leur sont associées. Vaste

programme, immense défi, mais qui est peut-être la seule voie réaliste à

l'aube du XXIe siècle."

[...]

"Aujourd'hui, ce ne sont plus les instances officiellement en place à savoir les

gouvernements, qui exercent le vrai pouvoir. Progressivement, tout en

laissant les politiques s'agiter sur le devant de la scène, ce qui leur permet

d'agir loin des regards, dans les coulisses, les transnationales se sont

emparées des commandes."

[...]

"Écoutons les Zapatistes : « ce que nous voulons, ce n'est pas exercer le

pouvoir, c'est le rendre au peuple à qui il a été confisqué. »"

[...]

"Pour le darwinisme social cynico-optimiste, le marché fait « plus que gagner

». Il est l'arbitre suprême de toute valeur. Remplaçant à la fois la philosophie

et l'éthique, en départageant les perdants et les gagnants, il établit l'ordre

social et l'ordre du monde. Pour le darwinisme social, les perdants sont tous

simplement éliminés."

[...]

"Non seulement cette organisation commerciale du monde est

unidimensionnelle, elle est aussi mono culturelle. La société de marché

contemporaine va plus loin dans l'asservissement de l'humain que la société

industrielle qui l'a précédée, dès l'aube du XIXe siècle. Hommes, femmes et

jusqu'aux enfants furent alors soumis aux machines dans des conditions

d'exploitation pénibles, malsaines et dangereuses. Aujourd'hui c'est dans ses

replis les plus profonds, la psyché des femmes, des hommes et celle des

enfants que le marché vise à conquérir. La majorité des jeunes en révolte

contre la mondialisation mettent ainsi en action cette partie intime d'euxmêmes

qui s'appelle liberté."

Rédigé par Jacques.

---

Agir ?

Faites circuler ce document.

http://www.noslibertes.org

 

 

 

Les vrais décideurs de l'OMC :

La Table ronde européenne des industriels (European Round Table : ERT) :

http://www.ert.be

Liste des membres :


• Torvild Aakvaag - Norsk Hydro

1986 - 1992

Paul Adams

• British American Tobacco

2005 - Ongoing

Umberto Agnelli

• Fiat

1983 - 1993

Umberto Agnelli

• Fiat

2003 - 2004

Giovanni Agnelli

• Fiat

1994 - 1996

César Alierta Izuel

• Telefónica

2001 - Ongoing

Américo Amorim

• Amorim Investimentos E Participações

1990 - 2002

Nils S. Andersen

• A.P. Møller - Maersk Carlsberg

2001

• Ongoing

Belmiro de Azevedo

• SONAE, SGPS

2004 - 2008

Paulo Azevedo

• SONAE, SGPS

2008 - Ongoing

Percy Barnevik

• Investor AB (ABB)

1996 - 2002

Álvaro Barreto

• Soporcel

2002 - 2004

Peter Baxendell

• Royal Dutch / Shell

1983 - 1983

Jean-Louis Beffa

• Saint-Gobain

1986 - Ongoing

Franco Bernabè

• Telecom Italia

2008 - Ongoing

Wulf Bernotat

• E.ON

2003 - Ongoing

Georges Besse

• Renault

1985 - 1986

Marcus Bierich

• Robert Bosch

1992 - 1997

Yves Boël

• Sofina

1988 - 1996

Vincent Bolloré

• Bolloré

1991 - 1993

Peter Bonfield

• BT

1996 - 2001

Cor Boonstra

• Philips

1996 - 2001

Jean-François van Boxmeer

• Heineken

2005 - Ongoing

Carlo Bozotti

• STMicroelectronics

2006 - Ongoing

Peter Brabeck-Letmathe

• Nestlé

1999 - Ongoing

Werner Breitschwerdt

• Daimler Benz

1986 - 1987

David Brennan

• AstraZeneca

2007 - Ongoing

Thierry Breton

• France Telecom

2004 - 2005

Nigel Broackes

• Trafalgar House

1990 - 1992

Martin Broughton

• British Airways (British American Tobacco)

2001 - Ongoing

Antonio Brufau

• Repsol YPF

2005 - Ongoing

Antony Burgmans

• Unilever

1999 - 2007

Simon Cairns

• B.A.T. Industries

1996 - 1998

Patrick Cescau

• Unilever

2007 - Ongoing

John Clark

• The Plessey Company

1984 - 1989

Roberto Colaninno

• Olivetti

1999 - 2001

Bertrand Collomb

• Lafarge (Lafarge Coppée)

1989 - 2007

François Cornélis

• PetroFina

1990 - 1999

Alfonso Cortina

• Repsol YPF

1996 - 2004

Gerhard Cromme

• ThyssenKrupp (Fried Krupp)

1992 - Ongoing

Dimitris Daskalopoulos

• SEV (Delta Holding, Vivartia)

1998 - 2007

Etienne Davignon

• Société Générale de Belgique (Sibeka)

1986 - 2001

Carlo De Benedetti

• Cofide-Cir Group (Olivetti)

1983 - 2004

Rodolfo De Benedetti

• CIR

2006 - Ongoing

David de Pury

• BBC / ABB

1994 - 1996

Pierre de Tillesse

• Petrofina

1986 - 1990

Wisse Dekker

• Philips

1983 - 1993

Adolphe Demeure de Lespaul

• Petrofina

1984 - 1985

Thierry Desmarest

• TOTAL

1997 - Ongoing

Kenneth Durham

• Unilever

1983 - 1985

Bülent Eczacibaşi

• Eczacibaşi Group

2003 - Ongoing

Casimir Ehrnrooth

• UPM-Kymmene (Kymmene)

1993 - 1997

John Elkann

• Fiat

2005 - Ongoing

Roger Fauroux

• Saint-Gobain

1983 - 1986

Jean-René Fourtou

• Vivendi Universal (Rhône Poulenc) (Aventis)

1996 - 2004

Paolo Fresco

• Fiat

1998 - 2003

Raul Gardini

• Ferruzzi

1987 - 1991

José Antonio Garrido

• Iberdrola

1992 - 2002

Christopher Gent

• Vodafone

2002 - 2003

Fritz Gerber

• F. Hoffmann-La Roche

1989 - 2001

Alain Gomez

• Thomson

1987 - 1992

Klaus Götte

• Man

1988 - 1992

Pehr Gyllenhammar

• Volvo

1983 - 1994

Jürgen Hambrecht

• BASF

2007 - Ongoing

Ronald Hampel

• ICI

1995 - 1999

Bernard Hanon

• Renault

1983 - 1985

Jukka Härmälä

• StoraEnso

2001 - 2007

Ulrich Hartmann

• E.ON (Veba)

1994 - 2003

John Harvey-Jones

• ICI

1983 - 1985

Patrick Hayes

• Waterford Glass

1987 - 1989

Denys Henderson

• ICI

1992 - 1994

Cornelius Herkströter

• Royal Dutch / Shell

1995 - 1998

Antti Herlin

• KONE Corporation

2007 - Ongoing

Zsolt Hernádi

• MOL

2002 - Ongoing

Wolfgang Hilger

• Hoechst

1988 - 1994

Robert Horton

• BP

1991 - 1992

Franz Humer

• F. Hoffmann-La Roche

2001 - Ongoing

Daniel Janssen

• Solvay

1991 - 2006

Leif Johansson

• Volvo

2002 - Ongoing

Alain Joly

• Air Liquide

1997 - 2007

Henning Kagermann

• SAP

2004 - Ongoing

Kari Kairamo

• Nokia

1986 - 1988

Jak Kamhi

• Profilo Holding

1991 - 2003

Karlheinz Kaske

• Siemens

1984 - 1992

Klaus Kleinfeld

• Siemens

2005 - 2007

Gerard Kleisterlee

• Royal Philips Electronics

2001 - Ongoing

Heinz Kriwet

• Thyssen

1992 - 1996

Bruno Lafont

• Lafarge

2008 - Ongoing

Jean-Luc Lagardère

• Matra

1984 - 1986

Olivier Lecerf

• Lafarge Coppée

1983 - 1989

David Lees

• GKN

1995 - 2001

André Leysen

• Agfa Gevaert (Gevaert)

1989 - 2002

Thomas Leysen

• Umicore

2003 - Ongoing

Klaus Liesen

• Ruhrgas

1985 - 1986

Göran Lindahl

• ABB

2000 - 2001

Flemming Lindeløv

• Carlsberg

1997 - 2001

Peter Löscher

• Siemens

2007 - Ongoing

Ian MacGregor

• National Coal Board

1983 - 1986

Luis Magaña

• CEPSA

1987 - 1996

Floris Maljers

• Unilever

1988 - 1994

Pietro Marzotto

• Marzotto

1996 - 1997

Helmut Maucher

• Nestlé

1983 - 1999

Maersk Mc Kinney Møller

• A.P. Møller

1988 - 1992

Gary McGann

• Smurfit Kappa Group

2006 - Ongoing

Tom McKillop

• AstraZeneca

2002 - 2005

Hans Merkle

• Robert Bosch

1983 - 1992

Gérard Mestrallet

• GDF Suez (Suez Lyonnaise des Eaux)

2000 - Ongoing

Aloïs Michielsen

• Solvay

2006 - Ongoing

Thomas Middelhoff

• Bertelsmann

2001 - 2002

Charles Miller Smith

• ICI

1999 - 2002

Brian Moffat

• British Steel

1994 - 1996

Jérôme Monod

• Suez Lyonnaise des Eaux (Lyonnaise des Eaux)

1987 - 2000

Mark Moody-Stuart

• Royal Dutch / Shell

1998 - 2001

Egil Myklebust

• Norsk Hydro

1995 - 2002

Curt Nicolin

• ASEA

1983 - 1991

Harald Norvik

• Statoil

1992 - 1998

René Obermann

• Deutsche Telekom

2008 - Ongoing

Jorma Ollila

• Nokia

1997 - Ongoing

François-Xavier Ortoli

• Total

1988 - 1990

Théodore D. Papalexopoulos

• Titan Cement

1989 - 1997

Jean-Paul Parayre

• Dumez

1988 - 1990

Antony Pilkington

• Pilkington

1984 - 1995

Bernd Pischetsrieder

• Volkswagen

2003 - 2007

Pasquale Pistorio

• STMicroelectronics

2002 - 2006

Manuel Pizarro

• Endesa

2005 - 2007

Louis von Planta

• Ciba-Geigy

1983 - 1986

Hasso Plattner

• SAP

2000 - 2003

Benoît Potier

• Air Liquide

2007 - Ongoing

Lars Ramqvist

• Ericsson

1994 - 2002

Eivind Reiten

• Norsk Hydro

2002 - Ongoing

Edzard Reuter

• Airbus Industrie (Daimler-Benz)

1988 - 1998

Antoine Riboud

• Danone (BSN)

1983 - 1985

Franck Riboud

• Danone

1998 - 2000

Kai-Uwe Ricke

• Deutsche Telekom

2003 - 2007

Cesare Romiti

• Fiat

1997 - 1998

John Rose

• Rolls-Royce

2003 - 2008

James Ross

• Cable & Wireless

1994 - 1995

Nigel Rudd

• Pilkington

1995 - 2001

Wolfgang Ruttenstorfer

• OMV

2002 - Ongoing

Anthony Ruys

• Heineken

2004 - 2005

Tony Ryan

• GPA

1989 - 1993

Güler Sabanci

• Sabanci Holding

Ongoing

Paolo Scaroni

• Eni (ENEL)

2005 - Ongoing

Paolo Scaroni

• Pilkington

2001 - 2002

Richard Schenz - OMV

1996

• 2002

Stephan Schmidheiny - ANOVA (Eternit)

1984

• 1993

Manfred Schneider - Bayer

1994 - Ongoing

Robert Scholey

• British Steel

1990 - 1992

Jürgen Schrempp

• DaimlerChrysler (Daimler Benz)

1995 - 1999

Louis Schweitzer

• Renault

1995 - Ongoing

Wolfgang Seelig

• Siemens

1983 - 1984

Michael Sekyra

• Austrian Industries

1990 - 1993

Patrick Sheehy

• B.A.T Industries

1986 - 1995

David Simon

• BP

1993 - 1997

George Simpson

• Marconi (General Electric Company)

1997 - 2001

Paul Skinner

• Rio Tinto

2005 - Ongoing

Michael Smurfit

• Smurfit Kappa Group (Jefferson Smurfit)

1995 - 2006

Luis Solana

• Telefónica

1985 - 1989

Jacques Solvay

• Solvay

1988 - 1991

Ron Sommer

• Deutsche Telekom

1999 - 2002

Dieter Spethmann

• Thyssen

1983 - 1992

Peter Sutherland

• BP

1997 - Ongoing

Poul J. Svanholm

• Carlsberg

1986 - 1996

Morris Tabaksblat

• Reed Elsevier (Unilever)

1994 - 2003

Josef Taus

• Constantia

1985 - 1989

Serge Tchuruk

• Alcatel Alsthom (TOTAL)

1990 - 1997

Jan Timmer

• Philips

1990 - 1996

Marco Tronchetti Provera

• Pirelli

1992 - 2005

Heinrich v. Pierer

• Siemens

1993 - 2004

Cornelis van der Klugt

• Philips

1988 - 1990

Jeroen van der Veer

• Royal Dutch Shell

2004 - Ongoing

Cees van Lede

• Akzo Nobel

1998 - 2003

Lo Van Wachem

• Royal Dutch / Shell

1988 - 1992

Cándido Velázquez

• Telefónica

1989 - 1996

Ben Verwaayen

• BT

2004 - 2008

Jacopo Vittorelli

• Pirelli

1984 - 1992

Simo Vuorilehto

• Nokia

1989 - 1992

Marcus Wallenberg

• Investor AB

2002 - 2005

Jacob Wallenberg

• Investor

2005 - Ongoing

Paul Walsh

• Diageo

2003 - 2006

Philip Watts

• Royal Dutch / Shell

2001 - 2004

Jürgen Weber

• Deutsche Lufthansa

1999 - 2004

Hans Wijers

• Akzo Nobel

2003 - Ongoing

Mark Wössner

• Bertelsmann

1994 - 2001

Le Comité européen de la Chambre américaine du commerce (AmCham EU) :

http://www.eucommittee.be

Liste des adhérents :

• 3M Europe

• Accenture

• ACN

• ADT Fire & Security

•Agilent Technologies

• Alcoa Europe

• American Express

• American International Group, INC

• Amgen

• Amway (Europe) Ltd.

• Apple

• Arnold & Porter

• ASDA (Part of Wal-Mart Stores)

• AT&T Inc.

• Avaya

• Avon Products

• Baker & McKenzie

• Barclays Bank PLC

• Baxter World Trade Corporation

• Biogen Idec

• Brink's EMEA

• Brink's EMEA

• Bristol-Myers Squibb Company

• British American Tobacco

• Brown-Forman

• Burson-Marsteller

• Cargill Europe

• Caterpillar

• Chevron Corporation

• Chiquita

• Chubb Insurance Company of Europe

• Cisco

• Citi

• Cleary, Gottlieb, Steen & Hamilton LLP

• ConocoPhillips

• Corning International Corporation

• Covington & Burling

• Credit Suisse

• Daimler

• Dechert LLP

• Deere & Company

• Dell

• Dewey & Leboeuf

• DLA Piper UK LLP

• Dow

• DuPont de Nemours International S.A.

• Eamonn Bates Europe Public Affairs

• Eastman Kodak Company

• eBay Group

• Edelman

• EDS

• Eli Lilly & Company

• EPPA Partnership SA

• Ernst & Young

• ExxonMobil Petroleum & Chemical

• Federal Express Europe

• First Solar

• Fleishman-Hillard

• Foley & Lardner LLP

• Freshfields Bruckhaus Deringer

• GE

• General Motors Europe

• Goldman Sachs International

• Goodyear Dunlop

• Google

• Herbalife International Inc.

• Heuking Kühn Lüer Wojtek

• Hewlett-Packard

• Hill & Knowlton

• Hogan & Hartson LLP

• Honeywell Europe

• Houston Consulting Europe

• IBM

• Intel Corporation

• International Paper

• Johnson & Johnson

• JPMorgan

• Keller and Heckman LLP

• Kraft Foods International

• Kreab

• Latham & Watkins LLP

• Linklaters

• Lockheed Martin Global, Inc.

• Lovells LLP

• LyondellBasell

• Mars

• Mary Kay Inc.

• MasterCard Europe

• Mattel Europe

• Mayer Brown

• McDonald's Europe

• McKinsey & Company

• Merck Sharp & Dohme

• Merial

• Merrill Lynch

• Microsoft Europe

• Monsanto

• Morgan, Lewis & Bockius, LLP

• Morgan Stanley International

• Motorola

• Nike EMEA

• Nortel

• Oracle

• Partylite

• Paul, Hastings, Janofsky & Walker Europe LLP

• PepsiCo

• Pfizer

• Philip Morris International

• Business Solutions-Pitney Bowes

• Procter & Gamble

• Qualcomm

• Raytheon International Inc.

• Rohm and Haas

• SAS

• Sidley Austin LLP

• Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom

• Squire, Sanders & Dempsey LLP

• Standard & Poor's/McGraw-Hill Companies

• State Street

• Steptoe & Johnson LLP

• Sun Microsystems Inc.

• Syngenta International AG

• The Black & decker Corporation

• The Boeing Company

• The Coca-Cola Company

• The Estee Lauder Companies INC.

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OMC : les cartels aux commandes

Cartel : Son emploi en économie politique (1906) est un emprunt à l'allemand

Kartell, employé pour la première fois en 1879 par un député libéral au

Reichstag, Eugen Richter, pour désigner un groupe de producteurs de

l'industrie métallurgique. Aujourd'hui, le cartel désigne un oligopole, où

quelques multinationales contrôlent le marché par entente entre elles, pour

s'assurer que la concurrence ne gênera pas leur contrôle et leur domination

du marché mondial.

Agnès Bertrand et Laurence Kalafatides ont rédigé en 2002, après 10 ans

d’enquête, un ouvrage très complet sur un organisme dont nos médias parlent

peu : l'OMC. Cet organisme qui était au départ un simple accord sur des tarifs

douaniers (Gatt) est devenu un monstre technocratique qui gère désormais

les politiques de 128 pays. Depuis un certain nombre d'années, force est de constater

que nos élus politiques sont des communiquants très bien payés, pour faire accepter aux populations des orientations politiques décidées par l'OMC et ses organisations soeurs : OMS,

FMI, FAO, Codex Alimentarius et Banque Mondiale.

Par exemple, toutes les privatisations des services publics depuis 20 ans ont

été décidées par l'OMC et la Commission européenne. La décision récente

d'autoriser les OGM en France, n'est que l'application de la volonté de l'OMC.

La loi sur l'autonomie des universités n'est qu'une première étape, avant la

privatisation complète des universités. Les faux déficits de la Sécurité Sociale,

qui est en réalité créditrice si l'État lui versait les sommes dues, permettent de

progressivement privatiser la Sécurité Sociale, etc.

La mascarade de la démocratie commence à se savoir de plus en plus chez les

Européens ayant accès à Internet, ce qui explique le divorce de plus en plus

important entre les médias qui vendent la pensée unique et le «progrès» à

coup de faux débats et d'experts autorisés, et les informations alternatives,

non financées par les multinationales.

"OMC, le pouvoir invisible" Fayard 2002  Extraits :

"Qui connaît le Gatt ? Qui sait seulement ce que signifie ce sigle ? Gatt,

General Agreement on Tarifs and Trade, c'est-à-dire Accord Général sur les

tarifs douaniers et le commerce, qui deviendra en 1995 l'OMC. Ce qui se passe

dans son siège discret, sur les rives paisibles du lac Léman, à Genève, est tout

à fait confidentiel. L'édifice anonyme arbore une plaque à peine plus grande

que celle d'un médecin ou d'un cabinet d'avocat."

Nicolas Sarkozy, le "décideur"

[...]

"Pour les quelques centaines de personnes vraiment averties, c'est à

s'arracher les cheveux, les règles du Gatt s'apprêtent à s'abattre sur le monde,

qui dort d'un sommeil de plomb. Les firmes multinationales se frottent les

mains. L'affaire sera bientôt dans le sac, c'est-à-dire dans le Gatt : brevets sur

le vivant pour satisfaire les firmes pharmaceutiques et biotechnologiques,

interdiction de protéger les paysanneries pour le plus grand bonheur des

firmes agroalimentaires, nouvelles règles sur mesure pour garantir un «

environnement favorable » aux investisseurs."

[...]

"Les manipulations génétiques ouvrent une véritable boîte de Pandore. Une

fois les OGM sortis des laboratoires, lâchés dans l'environnement, rien ni

personne ne pourra les contrôler. Il existe des risques évidents de mutations

ultérieures suite à des croisements avec des espèces sauvages. Parce qu'ils

sont incontrôlables et irréversibles, ces phénomènes sont plus graves encore

que la pollution chimique. Ivan Illich qualifie le génie génétique de «

pollution de l'évolution ».

[...]

"Shell et Unilever détiennent le monopole commercial sur la reproduction des

palmiers à huile. De son côté, Union Carbide contrôle 50 % du marché des

semences de maïs. Ces firmes en position monopolistique pourront organiser

la rareté afin d'imposer leurs nouvelles variétés. Les dix firmes leaders dans la

vente des produits agrochimiques sont toutes sans exceptions actives sur le

marché des semences. Depuis la fin des années 1960, ce sont les secteurs de la

pétrochimie et de la production pharmaceutique qui ont majoritairement

racheté les compagnies liées au marché des semences."

[...]

"Rappelons que le brevet récompense une invention et non une découverte. Si

une chose préexiste dans la nature, comment pourrait-on prétendre l'avoir

inventée parce qu'on l'a identifiée, isolée, voire purifiée ? C'est pour

contourner cet obstacle que les grandes firmes qui appelaient à la

brevetabilité du vivant ont choisi le Gatt pour cadre juridique privilégié. Une

campagne bien orchestrée a réussi à faire entrer la propriété industrielle dans

les prérogatives du Gatt. Puis on changera l'adjectif « industrielle » pour «

intellectuelle ». Ni vu ni connu, les brevets sur le vivant se retrouvèrent dans

les accords du Gatt. Ce tour de passe-passe, outre l'extension de la durée des

brevets d'inventeur de cinq à vingt ans, s'accompagne au passage d'une tripe

infraction à toutes les législations antérieures en la matière :

- Il n'y a plus d'obligation d'expliciter le processus que constitue l'invention

pour déposer le brevet. Il est couvert par le secret industriel.

- Il n'y a plus d'obligation d'exploitation nationale ni de cession à un tiers qui

ne ferait la demande. Les grandes firmes pourront ainsi geler des brevets dans

les pays du sud, dans le but de se réserver des monopoles futurs. - Plus

scandaleux, il y a inversion de la charge de la preuve. Celle-ci ne devra pas

être apportée par la firme plaignante, mais ce sera à la petite entreprise

accuser de pirater des « inventions » biotechnologiques de démontrer son

innocence. Cette inversion constitue une régression phénoménale sur le plan

juridique et un retournement hasardeux en l'état actuel des connaissances en

biologie moléculaire."

[...]

"Les brevets sur le vivant, y compris sur les parties et processus du corps

humain, remettent en cause notre conception de la vie et notion même de

personne humaine. Il suffit de tracer le parallèle avec ce qui se prépare dans le

domaine de l'agriculture pour entrevoir l'emprise que les firmes détenant ces

brevets auraient sur le devenir du genre humain. Alors « l'humanité ne serait

plus une communauté de sujets mais un marché d'objets »."

[...]

"En 1946 le projet d'Organisation internationale du commerce achoppe sur de

profondes divergences. L'époque est au keynésianisme, qui prône un certain

partage des fruits de la croissance. Tout le monde ne l'entend pas de la même

oreille. Certains pays insistent sur des objectifs de plein-emploi dans la charte

de l'organisation. Les quelques pays du sud représentés tiennent absolument

à ce que les transferts de technologie vers leurs hémisphères soient prévus.

La tentative se concrétise néanmoins à travers la Charte de la Havane, signée

dans la capitale cubaine le 10 octobre 1947. Mais les Américains s'en retirent

bientôt sous prétexte que le congrès n'acceptera pas de se voir soumis à une

quelconque bureaucratie internationale. La vraie raison est que le

gouvernement américain n'est pas disposé à renoncer à sa suprématie sur la

scène mondiale. Exit l'OIC, pour ainsi dire mort-née. Les États-Unis

parviennent à entraîner derrière eux 23 pays qu'ils réunissent pour les

premières négociations de ce qui va devenir l'Accord Général sur les Tarifs

Douaniers et le Commerce, le Gatt (ndlr : General Agreement on Tarifs and

Trade). Il s'agit d'un accord provisoire qui n'a pas à proprement parler, de

statut juridique."

[...]

"À l'origine et jusqu'à l'Uruguay Round, les prérogatives du Gatt sont

relativement restreintes. Les règles ne s'appliquent qu